Mardi 30 août 2011 2 30 /08 /Août /2011 00:10

Et si nous n’écrivions plus. Plus d’imagination. Plus de volonté. Plus de temps à prendre. Plus rien. On laisserait un trou noir, un vide sidéral, une page blanche, un écran blanc, où l’ancien texte resterait là depuis des lustres. Et si on n’avait plus rien à se dire. Raconter sa vie, c’est inintéressant, raconter ses rêves, ce n’est pas très ragoûtant, raconter ses envies, personne ne comprend. Si on ne se parlait plus. Qu’est-ce qu’on deviendrait ?

 

Que deviendrai-je si j’avais l’angoisse de la page blanche ? L’envie de tout déballer, tout critiquer, tout mépriser, tout aimer, tout argumenter, tout étudier, analyser, complimenter, haïr, insulter, vulgariser, parodier, revigorer, cuisiner, mélanger, pour redistribuer. Et si cette envie disparaissait… je ne serai plus. Plus moi-même, que l’ombre de moi-même, une âme éteinte, une ampoule qui scintille, qui clignote et qui grille comme un poulet.

 

Alors pour revenir, me réveiller, me remettre à vivre, je reprends la plume, je m’attache à la chaise, et je repense à toutes les choses que je vis, à tous ces trucs que je vois, à toutes ces personnes qui peuplent mon esprit, à ces situations que je prévois.

 

Je ne suis là pour personne le temps de l’écriture. Mon visage se tuméfie, puis se rétracte et je souris. La muse n’est pas partie, au contraire elle demeure, et me fait des signes. Prendre le temps. Le temps d’attendre son prochain pour lui faire profiter de la vue. Le temps de raconter son aventure avec les yeux de son petit frère. Les machines sont éteintes, je ne réponds pas au téléphone. Je suis noyé dans une marmite, englouti dans mes pensées. Mes idées en vinaigrette, je sers mon assaisonnement à qui trouve la vie un peu fade.

 

Ne vous inquiétez pas, il y en aura pour tout le monde, et même si vous êtes sages, y’aura certainement un peu de rab.

 

Par Mathieu
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Mardi 30 août 2011 2 30 /08 /Août /2011 00:08

C’est la rentrée !!! Et pour tout le monde en serrés rangs… très. Insérés à toute la population, la rentrée des entrées des restos huppés et entraînés. Pour les entreprises, c’est terminé l’été. La rentrée des entrées monétaires et reposées entre en force pour finir l’année. Et vous, vous êtes rentrés ? Décentrés pendant l’été, rentrez concentrés sur l’entrée en famille, à l’école de vos raies et de vos tempes, en ébullition pour transcender.

 

Les enfants, la raie au milieu, bien peignée. En rang très serrés, prêts pour la rentrée à l’école, au collège, au lycée. Des profs surentraînés qui vous voleraient l’entrée si vous ne vous interposiez. Et la sortie ?

 

La sortie ? Et bien oui l’assortie des rentrées. Une rentrée rétrécie des raies très serrées à cause d’une grève de rentrée.

 

C’est septembre et octobre. La sorties des orties et la rentrée des rangs armés. L’armée est rentrée ? Mais où donc ? Et bien là où l’arme est rentrée. Mais l’armée sortie n’est-elle pas trop prétentieuse pour réarmer son entrée. Non ! Vous dis-je. L’armée rentre car la paix retrouvée la sortait à grands coups de grands pets. Et si mes parents me voyaient… Mon père est rentré et ma mère l’a sorti ; Elle l’assorti de la raie sortie de la mer en furie pour l’y faire re-rentrer. Et si mon père l’a suivie, c’est parce que l’as sorti, il préférait rentrer pour une partie de poker improvisée. Plus vite sorti, plus vite rentré, comme la mise à parier. Une entrée de sortie pour que l’as sorti rentre en force dans le tas des entrées et finisse par entraîner une suite d’entrées, aux dents très serrées qui feront de moi un homme assorti aux entrées.

Par Mathieu
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Mardi 30 août 2011 2 30 /08 /Août /2011 00:00

Pchiiiiiit…… Vouuuuiiiiiiii….. Ouvert fermé… Je suis un robinet. Un robinet d’eau froide, un robinet d’eau chaude, un bout d’inox qui orne votre maison. Je n’ai pas inventé l’eau tiède, et pourtant je réfléchis. Un robinet qui pense, c’est dérangeant non ? Vous ne pensiez tout de même pas être les seuls au monde à avoir une vie rangée.

 

Vous vous demandez peut être ce que l’on est. On naît… dans une usine, on vit dans votre salle de bains, cuisine, trois pièces rangée sur mesure, achetée chez « Cuisinella », et quand on vous déplait, on part à la corbeille, en mourant. On a tout de vous. Vos émissions télé, le « tuyau faible », ou « Qui veut gagner des mètres cubes d’eau ». Comme votre FBI, ou votre KGB, nous avons nous aussi notre DGSE, le Département Général du Service des Eaux, sorte de service spécial si on tombe en panne. On se raconte vos vies, vos passages, vos grimaces, vos sautes d’humeur, vos coups de joies. Je suis un peu le confident que vous n’aurez jamais, celui qui ne vous contredira pas quand vous balancerez sur votre chef, quand vous direz que c’est l’autre qui a copié. Un ami parfait qui vous écoute tout en y pensant,  mais sans réponse, juste de l’eau qui s’écoule.

 

Quand je vois Monsieur, le matin, se raser, répéter les mêmes gestes de bas en haut dans le sens du poil, et qui ensuite secoue le tout sur le lavabo, quelle tristesse. Il se dévisage, dans le miroir, se touche la joue gauche hirsute, puis la joue droite, et se décide enfin. « Allez, ce soir je rentre tard, je vais voir ma maitr… heu non j’ai une réunion, je me rase, c’est décidé, je me parfume, je me fais beau. » Je participe ainsi à la désuétude du couple. L’adultère mesquine, l’idiotie trépidante qui donne du piment à la vie mais qui vulgarise nos comportements, qui trompe nos semblables (vos semblables), et qui vous donne bonne conscience… Je suis bien content d’être inoxydable. Le suis-je ? Monsieur se termine, il s’habille lentement devant moi, avec son air impudique qui le caractérise, et me quitte en se coiffant. Je viens d’assister à son intimité buccale, je plains sa maîtresse, et je félicite sa femme. Tiens, la voilà d’ailleurs qui arrive. Robe de chambre rose pale, couleur du vécu, du passé outrepassé, désuet, couleur désuète d’ailleurs. Elle s’ennuie mais reste là pour assurer la stabilité familiale.

 

Je souris à ce drame shakespearien. Moi je suis heureux de vivre, je constate, j’étudie. Je prends les mauvais exemples que je ne vivrais jamais. Ca sert à ça de regarder. Je suis un spectateur du désespoir, et triomphateur vivant. Je me sers de vos malheurs pour parfaire mon bonheur. Et j’y arrive. Tout ce que vous faites, je le renie. Je le prends à contre exemple comme si le diable m’apparaissait. La femme s’habille très class, pour partir au boulot. Son maquillage parfait, ni trop ni pas assez, la fait resplendir encore un peu plus. Madame a la chance d’être jolie, elle pourra bien finir sa vie. Ce soir, elle me l’a dit, elle se fait un resto entre copines. Une soirée « femme » pour parler des hommes, pour se dire combien elles se languissent des leurs, et combien elles aiment les autres.

 

C’est malheureux, la routine, la routine que l’on ne peut casser. J’ai essayé de la briser pour eux, avec mes fuites, mon calcaire, mes éclaboussures, mon visage pour arroser, faire d’autres activités pour qu’ils changent un peu leurs habitudes. Rien n’y fait. Aujourd’hui le chien tente de me remplacer, installant une vie nouvelle à la maisonnée. Ca amuse les enfants, et rend l’affection dont manquait Madame. Jusqu’au jour où cette famille en mal d’inspiration arrivera à « routiner » même avec le chien. J’essayerai de m’interposer une fois de plus en éclaboussant l’animal, en lui donnant de la mauvaise eau, pour l’amener chez le vétérinaire ( chose qu’ils ne font quasiment jamais… faut sortir de la maison) je remplirais sa gamelle d’eau à ras bord, en jouant avec la pression de l’eau pour que j’en mette partout…. Mais bon… je ne peux pas tout faire.

 

Ma vie… c’est un peu la votre, sauf que moi, tous les jours sont différents, alors que vous demain…..ce sera pareil.

Par Mathieu
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Lundi 29 août 2011 1 29 /08 /Août /2011 23:48

Le monde est en guerre et nous faisons de la guerre tout un monde. Celui qui réussira à l’apprivoiser se fera maître de l’Univers. Mais apprivoiser la guerre n’est-ce pas un signe de destruction ? La guerre des boutons, la guerre des étoiles, la guerre mondiale et celle en Irak. La raconter, comme une histoire telle était l’ambition de Steven.

 

« Ce n’est pas ma guerre général » comme le disait Rambo. Ce n’était pas sa guerre non plus à Steven. Il faisait partie de la famille. Son petit air enfantin avec sa barbe et ces lunettes. C’était le tonton qu’on voulait tous avoir, celui qui offre le dernier jouet à la mode, celui qui raconte des histoires, celui qu’on ne voit que très rarement car il vit trop loin. Tonton Steven, Uncle Steven.

 

Mais là tout de même, tu m’as déçu. Pour montrer la destruction tu m’as déçu, ta guerre m’a déçue. Ca ne devait pas être la tienne.

 

Pourtant tu t’attaquais à une population connue : les extraterrestres. Mais les tiens, tout le monde les connaît, tes extraterrestres sont gentils. E.T et son ode à l’amitié, ton troisième type rencontré, tu les aimes ces êtres venus d’ailleurs quand ils sont pacifistes, quand ils ne veulent de mal à personne. Pourquoi les avoir vus en méchants, en destructeurs, en colonisateurs de notre belle planète bleue. Tu as vu rouge, les petits hommes verts t’ont-ils fait peur ? Steven, tu m’as déçu lors de ta guerre. Je te découvre vaincu de ta propre imagination.

 

Perdrais-tu ton talent en vieillissant ? Pour adapter H.G Wells, il fallait suivre son exemple. Une œuvre philosophique sur la destruction de la race humaine, c’était possible, une œuvre sur la survie, sur la mort, sur l’invasion, ça aurait pu se faire…

 

Mais non il a fallu que tu en changes. Un réalisateur « bankable » comme Hollywood en a beaucoup… On est sûr que tu ramèneras de l’argent, alors on t’en donne plus qu’il ne t’en faut pour exercer ton talent. Et il te tue à petit feu, prend la place de ton esprit gamin, de ton esprit créatif, et emprisonne celui de tes débuts, celui où tu étais drôle et perceptif, celui où tu étais rapide et incisif… celui où tu étais bon. Mais là… Steven, tu n’as fait que dépenser tout cet argent, leur argent pour le compte d’une société que tu n’arrives plus à contrôler. T’as tout dépensé, sans imagination, sans esprit d’analyse, sans aucun sens critique (mis à part ton choix pour Dakota Fanning). Tu vaux mieux que ça, regarde autour de toi, les exemples ne manquent pas.

 

Une passion gibsonienne ressuscitée par Hollywood (même s’ils disent que non) qui crée la polémique et le sanglot, ne restera qu’une œuvre sanglante et sans intérêt. Et il ose dire qu’il respecte le Christ. Alors qu’auparavant la version ancienne celle des frères Lumière, celle faite avec la foi de la religion et non la foi fiduciaire, ça devient vite un chef d’œuvre.

 

Un film de zombie, un film d’horreur à gros budget, ne sera jamais aussi bon qu’un « 28 jours plus tard » moderne, mais sans argent, un « Projet Blair Witch » au budget « meganisé ». Le talent ne s’achète pas, et s’il n’est pas travaillé, il tend à disparaître.

 

On est ami Steven, je te pardonne. Apres tout ce que tu as fait de bien, de bon auparavant, je peux te pardonner quelques erreurs. Mais que ton âme revienne vite, le cinéma en a besoin.

 

Par Mathieu
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Lundi 29 août 2011 1 29 /08 /Août /2011 23:47

Salut je m’appelle Hector. Je suis un panneau de signalisation. C’est bizarre n’est-ce pas de parler à un panneau de signalisation. Une chose, un objet, un truc inerte qu’on aperçoit le long de la route. Et pourtant, pour aussi inerte que je sois, je peux tout de même vous assurer que j’en vois des vertes et des pas mûres. Moi, je représente un animal sauvage en train de gambader, un cerf. Y’en a très peu de mon coté, mais bon, le cerf c’est le symbole du sauvage. Ils auraient pu trouver mieux. J’te dis pas la honte quand il doit en imposer face aux autres animaux. Lui, le cerf, contre n’importe quel autre félin...

-          Oh !!! qui c’est le symbole de la sauvagerie ???  

-           Mais oui c’est toi... Allez va plutôt nous chercher un café.

Je suis situé sur une bordure d’autoroute. Le paysage est sympa sans plus, mais par contre je vois du monde. Et alors on dira ce qu’on voudra sur les animaux, amoraux, indignes, ne vivant que pour satisfaire leurs besoins primaires etc... Les humains, les êtres humains, hommes, femmes, jeunes, vieux, tous confondus, ils en tiennent quand même une bonne couche. Le mieux je crois c’est dans les embouteillages. On se rend vite compte de la réalité de la nature humaine. Et puis, vu que ca avance à petit pas, nous, on contemple la misère humaine avec le sourire sans que personne ne nous remarque.

Prenez par exemple cette Mégane bleue nuit. La famille type. Mari, femme, deux enfants. Obnubilés par la PSP, ces deux derniers sont calmes. Ce n’est pas plus mal. Lui au volant de sa berline, se croit le Roi de la route. Il insulte son prochain parce qu’il n’avance pas, et pensera au fou furieux de suite après qui passera plus vite que lui. Y’a les grosses têtes à la radio, Vincent Perrot vient de raconter une blague sur les arabes... Il rit de plus belle. Il aime bien Vincent Perrot. En plus c’est un sportif, ca lui donne l’image d’un type animé, pour lui faire oublier son bas ventre et son laxisme pour se bouger. Un doigt dans le nez, on dépose sur le siège, de toute façon c’est Monique qui nettoiera. Ah !!! ca y est ca avance. Le vieux rouspète, postillonne, passe la première en pensant que ca va se dégager. Je parie même qu’il va jurer.  

-          Putain, c’est pas possible, y’a un bus de cons devant ou quoi ????

 Il ne faut jamais sous-estimer le caractère prévisible de la bêtise humaine.

Quand je contemple avec désespoir la scène que je vous décris, je pense à la voiture encastrée dans l’arbre, la cause de l’embouteillage. Le conducteur, quand il a pris le verre en trop, pensait-il qu’il se ferait insulter comme une grosse merde par un beauf aussi alcoolisé que lui mais qui l’ignore totalement ? Je ne pense pas.

L’alcool... On en reçoit de temps en temps. Une bouteille lancée et qui s’explose sur nous, ou un type qui dégurgite ce qu’il a avalé la veille. J’vais pas vous la jouer démago «  l’alcool au volant c’est pas bien » j’ai d’autres choses beaucoup plus sympa à vous raconter.

Par exemple cette bande de jeunes qui écoutent de la musique à fond... De la techno... BOUM BOUM BOUM... toujours la même, toujours pareil...Pas la meilleure idée pour draguer les filles dans l’Opel Corsa juste à coté. Ils auront essayé.

Je me souviens aussi des écouteurs de radio : Guy Carlier sur France Inter qui se lamente comiquement sur la misère de la télé, Arthur qui nous pond une autre émission de radio aussi nulle que ses émissions télé, Rire et chansons, où l’on écoute des sketches pour se marrer, et des chansons pour rêver. Ecouter les Rolling Stones après un sketch de Coluche et l’on se souvient avec remord pourquoi on n’est jamais allé a Woodstock. Ah tiens un type téléphone et sourit. Il ressemble à un jeune cadre dynamique qui vient d’apprendre son avancement. C’est bien. Un actionnaire de plus dans un monde où la pauvreté n’est que le cadet de leur souci.

 Ah.... le voila... Le bus de la colonie de vacances des enfants d’agents de la SNCF. Ils chantent « Ye Ye les copains c’est demain qu’on s’fait la malle »... J’aurais aimé aller en colonie comme les humains. Loin des parents, rien qu’avec des gens de ton âge, à rire et chanter, à embrasser des filles en cachette pour pas que les monos te repèrent, à faire des randos, de l’escalade, du bateau, ou des cabanes. Si tous les enfants pouvaient avoir les mêmes avantages...

Papy et mamie rentrent de vacances. Ils vivent à la ville mais ont une maison à la campagne, la maison de famille, celle où on passe Noël avec tout le monde, et Pâques aussi... Ils ont passé un bon moment, à dormir dans le jardin sur la chaise longue. Mamie, a terminé son canevas, testé une nouvelle recette de cuisine, qu’elle prépare devant « On a tout essayé » parce qu’elle aime bien Pierre Benichou et Laurent Ruquier. Papy, lui, a réparé le tracteur, et l’a prêté au voisin. Il a bricolé ici ou là, changé trois vis, rajouté deux clous, quelques ampoules, et tout va bien. Là ils retournent à la ville avec leur quotidien citadin. Ils bougent pas mal, ca permet de ne pas vieillir, de ne pas mourir. Le club de bridge les attend comme tous les lundis, l’association du troisième âge aussi, où l’on va revoir les voisins, et faire une partie de scrabble endiablée comme tous les mercredis soir.

 Je m’imagine leur vie, la vie de tout le monde. Ca fait passer le temps et travailler l’imagination. Je suis quelqu’un d’heureux, je n’ai aucun problème. J’aime bien balancer sur certains gens et en aimer d’autres. Peut être suis-je plus humain qu’on ne le croit ?

 Allez, à bientôt sur l’autoroute.

 

 

 

 

Par Mathieu
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Lundi 29 août 2011 1 29 /08 /Août /2011 23:39

Oh je suis en colère!!! On m’a volé mon stylo plume. Qui peut donc être aussi méchant pour me voler un tel objet ? C’était ma propriété, mon objet fétiche, mon stylo préféré. Avec lui, j’ai vécu toute ma vie scolaire. On a tout connu ensemble. Même si parfois, c’est vrai je l’ai un peu maltraité, en le mettant dans ma bouche comme un vulgaire bonbon et à le mâchouiller, je le vénérais, je l’idolâtrais, le mystifiais et à chaque fois le redécouvrais.

 

Il est bleu métallisé si vous le voyiez. Et si quelqu’un le retrouve, je vous autoriserais à le toucher, à écrire quelques lignes avec. Il a un bouchon avec un W écrit en doré. W, c’est marrant parce que si on le met à l’envers, ca fait M. Comme Mathieu. Ca en faisait un stylo personnalisé. C’était mon ami pour la vie. On s’était juré fidélité jusqu'à ce que la mort nous sépare, comme papa et maman, devant le Monsieur avec le drapeau français.

 

Il a connu toutes les couleurs : Le rouge et le noir pour mes années rebelles, le rose pour mes années romantiques, le bleu turquoise pour mes vacances, quand j’écrivais sur mon petit carnet tout ce qu’il se passait pendant mon séjour chez papy et mamie. Le turquoise, en plus, ça ne s’efface pas, comme ça, je ne pouvais pas revenir en arrière. Et puis y’avait tellement de choses à faire que ca m’a pris du temps de tout écrire. Mon stylo, il ne pouvait pas s’arrêter, quand je commençais. Comme s’il savait par avance ce que j’allais écrire. Et puis il a connu le bleu ; le bleu normal, celui qui écrit à l’école, celui qui écrit sur les lettres.

 

Ce bleu là, il en aura fait des choses avec la plume. C’est grâce à lui que j’ai eu 10/10 à la dictée du brevet. Bon c’est grâce à lui (ou à cause de lui) que j’ai eu 6/20 en maths au bac. Ce jour là, il n’était pas de bonne humeur. J’aime pas quand mon stylo plume n’est pas de bonne humeur. Pourtant, c’est arrivé pas mal de fois. D’autant plus qu’il est jaloux, quand j’utilise un stylo bille. Faut qu’il comprenne aussi, que pour faire des signatures, c’est mieux le stylo bille. Quand je demandais á mes parents de signer mes devoirs, quand j’imitais leurs signatures pour les avertissements, ou les heures de colle, j’étais obligé d’utiliser un stylo bille. Alors il faisait la tête. Il n’écrivait plus. Il voulait que je lui demande pardon en rendant plus humide l’encre qu’il avait asséchée. Ce que je faisais. Comme il n’est pas trop rancunier non plus, il se remettait à écrire, et on repartait comme on était arrivé. C’est grâce à lui que j’ai appris à écrire, en bon français comme disait l’instituteur. C’était embêtant les cours d’écriture, il fallait reproduire la même lettre sur toute la ligne. C’était répétitif au possible, mais le maitre nous disait «  Ca vous servira pour plus tard ». Encore un arriéré qui n’avait pas compris l’utilité de l’ordinateur. Quoique arriéré pas sûr… C’est peut être grâce à lui aujourd’hui que j’arrive  écrire ces quelques lignes. Ce stylo, c’est aussi grâce à lui que j’ai écris ma première lettre d’amour, grâce à lui que j’envoyais des nouvelles à mes parents quand j’étais en colonie de vacances.

 

Mais alors bon sang… Qui est ce voleur ? Ce brigand, ce gredin, ce moins-que-rien, ce boit-sans-soif, cet inhumain, sans aucune morale, sans honneur ou dignité pour la nature humaine. Qui est donc ce malotru qui m’a piqué mon stylo plume ?

 

Si jamais je l’attrape, je lui crève les yeux. Ou alors je dis simplement à la maitresse que j’ai trouvé le coupable. C’est à cause (ou grâce) à des gens comme lui que je veux faire policier. Mon copain Pierre, il veut faire policier aussi, mais pas pour les mêmes raisons. C’est parce que lui, il a vu Starsky et Hutch à la télé, et il veut devenir comme eux. Il est bête Pierre, il ne sait pas que Starsky et Hutch c’est pour de faux. C’est les américains (comme disent papa et maman). Non il ne sait pas Pierre. Moi je serais comme Navarro, lui c’est pour de vrai, j’ai reconnu la voiture qu’il avait, les policiers chez moi, ils ont la même. Et Navarro, il gagne toujours…je retrouverais certainement mon stylo plume.

 

Par Mathieu
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Lundi 29 août 2011 1 29 /08 /Août /2011 23:39

Il a fini, terminé. Il rentre chez lui, avec aucune proie dans le coffre de sa voiture. Ce n’est pas grave, il s’est baladé, il a pris l’air c’est ce qui compte. Il se remémore sa matinée. L’aube commence à peine, et il se réveille dans le noir. Pas besoin d’appareil électronique, il se réveille naturellement, quand il le veut. C’est une habitude qu’il n’explique pas mais qui le fait sourire. Il embrasse sa femme qui émet un soulagement et se retourne de l’autre coté. Lentement, comme s’il répétait des gestes appris par cœur, il se prépare. Tout en buvant un café, il vérifie son matériel. Il polie son fusil, son ami, son autre moitié. C’est une arme certes. Mais dans ses mains, cela veut dire autre chose. Il n’a pas l’âme productiviste. S’il ne ramène pas de gibier cette fois, il reste des grives au congélateur de la dernière envolée. Le chiffon reste propre ; C’est peut être parce que polir le fusil deux fois par jour, ne sert à rien. Il reste propre. Mais ça le rassure, il prend soin de son matériel. D’ailleurs, tout est stocké dans un endroit où lui seul va : un petit cabanon dont lui seul a la clé, et où il entrepose ses bottes déjà lavées, son imperméable tout déplié, et un pantalon presque repassé. Il se change. Au loin, il entend le chien revenir de sa promenade matinale. Lui aussi il est prêt. Il sait ce qui l’attend. A ce propos, il attend déjà le maître près de la vieille 4L que l’on ne garde que pour la chasse.

 

La chasse… ça pourrait presque être un mot grossier. Chasser le gibier, le faire souffrir, et le tuer. C’est barbare. Mais pas pour lui. Pour lui, c’est autre chose. Il respecte ce qui l’entoure, la faune, la flore… qu’il connaît par cœur. Il sait où il va, méthodique, stratégique. Le chemin de terre est cabossé. Ca secoue dans la vieille voiture, mais pour rien au monde il ne voudrait que la route soit refaite. Ca fait partie du jeu. Il rencontre les collègues, on déplie la carte de la zone, on repartit les tâches, les territoires. C’est parti, il va pouvoir vivre sa passion. Car la chasse, c’est ça qu’il adore. Il ne vit sa semaine que pour son week-end. Cette matinée dominicale pendant laquelle il quitte tout, son job, sa femme, ses enfants, le milieu citadin dans lequel il vit, le stress, la télé, la radio, les mauvaises nouvelles, la guerre ou la famine… tout. Il ne pense plus qu’à ça, qu’à lui, à ses 4 ou 5 bonhommes venus l’accompagner, rester concentré, mais profiter de la vue, même s’il la connaît par cœur.

 

Ils arrivent à point nommé. C’est par là que sont les proies, leurs proies. POUM !!!!!! Il entend un coup de fusil, un chien qui court, et qui revient. Un lapin a succombé. La chasse à son coté pratique écologique, pour la reproduction de l’espèce. Il le sait. D’ailleurs il ne braconnera jamais, non pas que la loi l’interdise, il l’a déjà franchie de temps en temps. Non… mais par respect pour les animaux. Il ne comprend pas la chasse au tigre blanc ou au rhinocéros. C’est la honte de sa passion, de son loisir, de son art, la brebis noire du troupeau.

 

La matinée se termine, le soleil est toujours là, et la rosée du matin n’a toujours pas disparue. L’air frais de la forêt demeure présent, signe de la fraîcheur automnale. Ses bottes sont trempées, il a les pieds tous froids. Qu’importe. Il repart les mains vides. Pas plus que d’habitude, ni moins d’ailleurs… Il s’en moque de toute façon, il n’est pas la pour produire des victimes animalières de ses balles tueuses. Il préfère penser que la mort succède à la vie, et qu’un lapin de moins, c’est toujours de l’autre coté un lapin qui naît. C’est le cycle de la vie. C’est son point de vue.

 

Il se sépare de ses collègues. A la semaine prochaine. Il arrive chez lui, tout est déjà prêt. Son épouse est une femme formidable. Ce n’est pas pour rien que ça fera trente ans la semaine prochaine. Il range son matériel, méticuleusement, comme il l’a trouvé. Cet après-midi, il passera un coup de chiffon sur son fusil. Un coup de plus, pour se rassurer qu’il est bien là.

 

 

 

 

 

Par Mathieu
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Lundi 29 août 2011 1 29 /08 /Août /2011 23:15

Les gravillons, le béton, la route bordant le port.  Je lève la tête et je la vois. Elle est là, assise, les cheveux au vent, fixant les vieux bateaux de pêche tout en mangeant une pizza. Je m’approche et au moment où je lui passe devant, je lui dis bonjour. En tant que jeune demoiselle de bonne éducation, elle me répond. J’entame la conversation, futile, en lui demandant si c’est sympa de manger une pizza en regardant le port. « Oui » me répond-elle.  « Tu devrais essayer »… On prend congé. Mon périple commence. Si je devais résumer mon séjour à Dingle, ce serait par cette rencontre, qui, aussi brève qu’elle fut, s’est avérée enivrante, envoûtante et gracieuse…

 

Dingle, c’est un village de pécheurs, à l’Ouest de l’Irlande. J’y suis seul, comme un pingouin égaré sur la banquise, et cherchant son troupeau. Au moment où je pose mes valises dans le Bed and Breakfast, je me dis que ça va être bon de profiter de tout ce silence, seul perdu au milieu de nulle part… Je demande quelques renseignements à la propriétaire, une femme charmante, qui adore les voyages elle aussi. Et je commence ma balade villageoise, deux ou trois petites rues, mais des pubs partout… C’est la spécificité de Dingle. Ma promenade m’amène à croiser un couple de Français tout aussi perdus que moi (qui ne l’était plus). Puis quelques photos plus tard, je m’engouffre dans un petit resto qui ne paye pas de mine. Alimentation classique, mais ambiance conviviale. J’ai une discussion avec des allemands, qui m’ont piqué mon dessert, puis des français encore et toujours. Il y a des français partout en Irlande. Pas qu’à Belfast ou à Dingle, mais où que vous alliez, vous en trouverez. Je leur donne rendez vous pour le soir dans un pub du village, J’avais prévu plus ou moins ce que je ferais. Une tournée de trois pubs, où la musique irlandaise fredonnerait ses chants mélodieux, et ou la bière coulerait à flot. Alors je rentre dans le premier, plein d’enthousiasme, prêt à parler avec mon prochain, à lui dire comment j’aime son pays. Mais bon c’était à croire que le pub ne voulait pas de moi. La musique était là certes, mais l’ambiance trop jeune à mon goût, et trop impersonnelle faisait plus penser à une boite qu’au pub que je recherchais. Trois gorgées de bières plus tard et me voila dehors, à arpenter les rues vers le second pub. « The Small bridge », … C’est son nom. C’est mignon comme nom, même si c’est bizarre pour un pub. La musique a l’air sympa, alors j’entre. Et là … C’est la révélation… Je me dis que je veux passer toute ma nuit ici, à écouter cette mélodie entraînante, en parlant avec tout le monde. Parler, discuter, échanger partager…

 

Trouver quelqu’un avec qui je puisse blablater… Et voila qu’il se présente à moi… Il est là accoudé au comptoir à se morfondre dans sa solitude, et à compter toutes les pintes qu’il n’a pas encore bues. Je m’approche et nous commençons à discuter de tout, de rien, … hop il commande pour lui, je commande pour moi, et je paye pour les deux… Estomaqué l’irlandais… Il se dit « Mais c’est une blague… Pourquoi il va me payer à boire alors que je ne le connais ni d’Eve ni d’Adam ce jeune… » Et me répète…Toute l’intelligence du tourisme comme je l’aime entre en jeu à ce moment là. Le dialogue avec ton prochain est quelque chose qui ne lui est pas familier. Il faut l’apprivoiser pour qu’il vienne vers toi, pour qu’ensuite tu puisses commencer à argumenter. Je le rassure, le côtoie, lui dit qu’il est entre de bonnes mains, les bonnes mains d’un simple touriste qui a envie de causer « engliche ». Et nous continuons. Evidemment il paye une tournée (sinon il l’aurait mal pris.. et moi aussi… je n’aime pas partir sur une seule jambe) et nous poursuivons notre débat : le pays, les gens, le conflit, la mer, la campagne, … Malheureusement, toutes les bonnes choses ont une fin. Il est minuit, et le pub ferme… C’est comme ça en république, on ferme très tôt… Ca permet d’être saoul plus rapidement, et de pouvoir se lever le lendemain plus difficilement aussi… La flûte et le violon continuent de jouer mais il faut que nous finissions nos bières. Ainsi fut fait, je le remercie, et prends congé. Je me souviens encore passer devant les musiciens, leur dire bravo, un signe de tête, et ils sont heureux. Je repars dans ma chambre, à travers les rues trop sombres, car mal éclairées, ou alors, c’est moi qui ai trop bu… si peu, et qui voit de moins en moins clair. Les effets secondaires de l’alcool sont dévastateurs. Je me couche en pensant à cette musique. Demain, je vais faire du stop, pour aller à Slea Head. La musique reste la même, ce sont juste les notes qui changent de place… La liberté du voyage, c’est comme une partition : On prend plaisir à jouer l’original, mais encore plus de plaisir quand on ajoute une touche personnelle qui en fait une œuvre presque unique…

 

1h32, je vais me coucher. Je pense à la fille aux cheveux blonds, qui mange une pizza, et demain je vous raconte pourquoi elle m’a tant envoûté.

 

Vous ne me voyez pas la…. Mais je mange des cacahouètes. C’est super bon, surtout les grillées, celles là ce sont les meilleures. Elles pourraient être ma muse, si je devais imaginer, mais ce que je vais vous raconter s’est réellement passé. Le lendemain, après un Irish breakfast pris en compagnie d’une famille danoise venue en vacances, je commence mon voyage vers Slea Head, en stop. Il fait beau, les oiseaux chantent, c’est peut être la saison des amours, faut qu’ils en profitent, à Dingle il pleut tout le temps. Alors, j’admire le paysage. Je me ballade sur la route, en bord de mer, et les sapins me font le passage. J’ai l’impression qu’ils me regardent, qu’ils m’épient. Ils pourraient parler de moi s’ils le voulaient. «  Hé les gars regardez, y’a un type qui s’est perdu ; Il n’est pas d’ici lui, s’il savait comment le temps change vite, il se risquerait pas à faire du stop »… Sur ce point ils avaient tort. Ca faisait quinze minutes que je marchais et je l’entends arriver au loin. Mon premier passager, mon premier conducteur. Un papy, qui passait par là, mais qui n’ira pas jusqu'à Slea Head, alors il m’avance. Je le salue, quand il me dépasse, et je le vois s’éloigner dans la direction opposée à la mienne. Cinq minutes plus tard, une autre voiture s’arrête. Un autre papy. Doivent se connaître je pense. Ici tout le monde connaît tout le monde. Le voisin habite à 1 km de chez toi, mais au moins on sait qui il est. On connaît sa vie, son œuvre, sa famille, et son futur. C’est convivial. Mais mon second conducteur ne va pas jusqu'à Slea Head. Il habite avant. Une vieille ferme, qui selon lui n’aurait pas besoin d’être retapée. Doit être trop âgé pour ça. Je continue ma route, bordée par la verdure, et le bleuté. Seul au monde, comme le type sur la couverture du routard, qui traverse océans et mers à la découverte de contrées. Et puis la troisième voiture s’arrête. C’est un couple tout mignon dans lequel Monsieur est surfeur. Une aubaine, ils m’amènent à destination.

 

Ils arrivent à me comprendre, même s’ils savent que je ne suis pas d’ici. Comme tous mes conducteurs, ils me demandent d’où je viens. Des touristes, il y en a tous les jours, des français aussi, mais qui font du stop, ça forcément c’est plus rare. Au moment, où ils me déposent, le gars ne sait pas trop où aller. Je lui rétorque sans problème, que je me baladerais dans la campagne, que je sortirais de la route, des sentiers battus. Ainsi fus-je…Et hop une barrière, le salut amical à quelques vaches (ils en ont aussi) et à deux ou trois moutons et me voilà sur le point le plus occidental d’Europe. Je suis fier. Bof… y’a pas trop de quoi. Je lève les yeux au ciel et le soleil me réponds «  T’inquiète jeune, je reste là ». Y’a plutôt intérêt, sinon je porte plainte. Je profite de la vue, prends quelques photos, et repars. Au loin, des gens jouent avec la mer, les pieds dans l’eau au bord de la plage. C’est ici que se finira Slea Head, par cette plage de sable mouillé, pas terriblement belle, quelconque.

 

Il est midi et quart quand j’amorce mon retour, le pouce tendu, et le sourire aux lèvres. C’est le mauvais moment de la journée, car tout le monde mange. Je marche une heure, et commence à avoir soif. Je m’arrête dans une petite villa. Une maison simple, belle, avec baie vitrée, comme une irlandaise, qui se doit d’être. Une femme charmante remplit le coffre de la voiture. La famille part en voyage. Je leur demande de l’eau, pour un cow-boy solitaire. La générosité irlandaise n’a pas de limite, ils me proposent une bouteille plus grande et à manger… Je refuse… Mon sac est assez lourd comme ça.

 

Au moment où je prends congé de mes hôtes, un bateau traverse mon champ de vision. Un beau voilier libre comme le vent sera alors pour moi l’éternelle métaphore du vide sur la mer. Vous avez déjà navigué sur un voilier ? Le silence, le néant, juste le bruit du clapotis de l’eau et de la voile tourmentée. C’est reposant.

 

Et puis, le voila qui arrive. Le 4X4 de la délivrance. Le conducteur est un paysagiste, surfeur lui aussi. Et allez vas y que je monte, je vais jusqu'à Dingle. « Moi aussi » me répond-t-il…. On dépasse deux autostoppeuses qui ne pouvaient plus être prises et me revoilà à bon port.

 

J’avais le bus à 14h30, pour la direction Tralee. Il était 13h30. J’avais encore le temps. Alors je suis allé manger un sandwich sur le port. Rien à rajouter… Je tape le carton avec un couple d’allemand, on prendra un café en attendant le bus en retard. Ca doit encore être la faute aux fonctionnaires, comme dirait le beauf. Le bus repose, le bus endort. J’arrive à Tralee, et on m’attend.

 

Une nouvelle aventure commence.

 

 

Par Mathieu
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Lundi 29 août 2011 1 29 /08 /Août /2011 23:14

Un problème de transport m’oblige ce week-end à demeurer à TOULOUSE, avant de reprendre une semaine de travail. Une obligation indépendante de ma volonté, qui me prive d’un court séjour à la campagne. Même si j’adore la ville dans laquelle je suis tous les jours, il n’en reste pas moins une envie irrésistible pour moi de vous dévoiler les quelques secrets de la campagne, lieu de résidence de mes parents et amis, en totale opposition avec le milieu citadin.

La campagne peut se définir de deux manières :

C’est d’abord une photographie : Au premier plan, un arbre seul, unique, prône sa fière allure, comme le gardien d’un terrain vague que personne ne peut approcher. Derrière le maître, le veilleur, se trouve sa propriété : Un pré n’appartenant à personne, un champ de tournesols, une forêt, le centre de la photo, qui s’étend de toute sa longueur conférant ainsi à son seigneur la toute puissance d’un grand propriétaire. La forêt est son jardin, avec une famille de plusieurs centaines de membres. La prairie et ses deux chênes, symbolise à elle seule une sorte de bâtiment, de maison, où l’on peut se réfugier, un lieu vide où l’on peut se ressourcer une place enchanteresse où l’on se prendrait à rêver. Au dernier plan, le ciel, bleu, sans nuages qui viendraient ternir la beauté du spectacle, contemple ce paysage, ce personnage trônant comme un souverain sur son royaume, comme un empereur sur ses conquêtes. Le ciel est le paradis des oiseaux, ces spectateurs naturels d’une photographie permanente. Ils contemplent, ils subissent, ils perçoivent, ils frémissent. Une scène, une photographie, que l’on peut admirer dans plusieurs recoins du pays, de la planète. Mais celle qui restera dans mes souvenirs est celle dans laquelle je vis aujourd’hui.

Mais la campagne peut être autre chose qu’une simple image figée. Je me surprends, courant sur les chemins forestiers pour profiter de l’air pur, loin d’une pollution citadine, asthmatique pour nos enfants, irrespirable pour nos aînés. J’entends le frémissement des feuilles des arbres situés tout autour de moi. Au détour d’un virage, je vois au loin un chevreuil ; Je m’arrête, nos regards se croisent, et il s’enfuie croyant que je lui veux du mal. Je continue mon périple, une route sinueuse accidentée ; Je tourne la tête et je regarde la maison à ma gauche, située au milieu de nulle part. Quel degré de solitude les personnes qui l’ont acheté recherchaient-ils quand ils l’ont vu ? Le plus proche voisin est à un kilomètre de là, personne à qui parler, juste la nature et les animaux. Un croisement de deux routes me ramène à la civilisation avec la présence d’un panneau STOP. Il n’a rien à faire ici, sinon gâcher un paysage idyllique. Le panneau est complété par une autre erreur humaine : La présence de lignes hautes tensions au-dessus de moi. La campagne commence à faiblir, et le passage de la civilisation se fait sentir. Une erreur de formation, qui peut être réparée. Mon périple touche à sa fin. Je poursuis les oiseaux qui me montrent le chemin, je salue des chevaux me dévisageant lorsque je passe devant leur pré Je rejoins la route et j’aperçois les maisons de mon village. Heureusement, même si je  ne cours plus, je peux toujours rester là, immobile, et admirer la vallée, un air de liberté me soufflant au visage, loin de l’oppression des foules, de la liesse citadine, et des encombrements populaires.

Une sorte de fontaine de jouvence dont je pourrais me passer vu mon âge, mais qui me procure un bien-être dont je fais de ma vie un adage.

 

Par Mathieu
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Lundi 29 août 2011 1 29 /08 /Août /2011 23:09

Ca y est !!! Enfin, je passe le pas, je franchis la porte, passe de l'autre coté de la barrière. Je me décide, je me motive je me prends par la main, à vous dévoiler l'intimité de mes convictions.

Je m'affranchis de la marque, du label, je me fashion-victimise en ouvrant mon blog.

Quatre lettres qui ne veulent pas dire grand-chose. Peut être des initiales… Me voila alors rédacteur d'un « Bilan Logistique d'Organisation Généralisée ». Je me fais patron d'un site personnel, mon entreprise sera prolifique si les clients (que vous serez) me sont fidèles. Mon chiffre d'affaires sera votre lecture et mon profit votre plaisir.

Mais une telle utilisation de termes économiques demeure antinomique avec ce que je vous propose. Le loisir n'a pas de prix, et le bonheur qui en sort ne peut être apprécié fiduciairement. Alors le Blog serait autre chose.

Je serais alors le propriétaire d'une « Brocante Ludique pour Oublier la Gravité ». Une brocante, un lieu où l'on trouve de tout et n'importe quoi, du neuf et du vieux du fait et du refait, de l'intact et du cassé. On y entre et dit bonjour, on y sort l'esprit aussi libre. C'est comme si l'on visitait son grenier pour se remémorer son enfance. «  Ah tiens… j'me rappelle quand je jouais à la poupée avec ce peigne ; Dis donc je ne comprends pas pourquoi je l'ai pas jeté »… Bah oui, pourquoi ne jetterait-on pas tout ce dont on se souvient ?… Pourquoi n'oublierait-on pas ??? Pour la mémoire, le ludique…, le fait de revenir dans le passé, dans le bon vieux temps, les temps anciens, ceux qui demeurent dans notre esprit et qui resteront jusqu'à la mort ; ces temps anciens où l'on se replonge les soirs de déprime pour oublier le sinistre de notre existence, oublier la gravité. Mais la gravité ne peut-elle pas se combattre autrement, par un autre aspect ?

La lecture.… Je me reconnais en vous, qui me lisez, en toi le lecteur, l'internaute anonyme, derrière son écran la main droite sur la souris. Hop… tu souris… Une femme, un homme, un Monsieur tout le monde qui vient visiter mon magasin. Je n'ai rien à  vendre, et tout à donner. Je ne veux rien recevoir, ni rien demander. Je vous propose quelques produits, quelques objets, m'ayant appartenus, mais pas que. Il y a aussi le fruit de mon imagination, peu fertile mais que je m'encourage à travailler. Et puis, il y aura des objets détenus par d'autres, qu'ils m'auront donnés ou que j'aurais empruntés. Bref, une sorte de bric-à-brac retranscrit, de caverne alibabanesque où la vie s'entrechoque avec la mort, l'amour avec la haine, l'humour avec la tristesse, et moi… au milieu de tout ce charabia perdu, mais tellement heureux.

Mais ne dit on pas UN blog ?  Alors ma brocante ne peut prendre vie.… Au diable la société patriarcale et la supériorité masculine… Je serais LE brocanteur ludique, celui qui sait tout de l'histoire de ses objets. Je serais l'instituteur, celui qui écrit, et fait réciter, celui qui aura la baguette sur le bureau et fera régner l'autorité. Je vous donnerais mon savoir pour que vous l'utilisiez à des fins personnelles. Et vous sortirez de ma classe, heureux ou déçus, prêts ou non à faire vos devoirs, pour pouvoir revenir le lendemain afin de partager ce que j'ai de nouveau à vous dire.

Par Mathieu
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