Lundi 25 août 2008
JOUR 1 :

Ca fait longtemps ? Le temps passe et je reste là, prêt à sauter sur la prochaine occasion qui va se présenter. J'ai des choses à raconter pourtant, j'ai envie de le faire, mais je me retiens, je garde pour moi, j'ai la flemme tout simplement. C'est moche non ?
Alors c'est sur, ça fait longtemps. Mais quand je me décide, c'est du sérieux (un peu comme Carla et Nico).
Ce week-end là, c'était la fête à Gaillac. Gaillac, petit bled dans le Tarn où il ne se passe pas grand chose d'exceptionnel à l'acoutumée, mais où tous les ans, on fête la spécialité de la région : le vin. Au bout de mon périple, je vous dirais ce qu'il en est, mais là, comme ça à brule-pourpoint, je ne sais vraiment pas à quoi ça ressemble.
Je m'en vais rejoindre mes amis, tout un groupe, formé il y a cinq ans. On ne sera pas complet malheureusement, les affres de la vie font que les uns ont des obligations, les autres des vacances, les derniers sont trop loin.
On est vendredi, il est 19.06, je suis dans le train depuis 50 minutes. J'arrive à minuit 08. Ca aurait pu être le n-ième roman d'une suite stephenkinguiesque. Et vu la longueur du trajet, c'est presque ça.
Je suis assis à coté d'une femme. la quarantaine, qui mange un sandwich SNCF comme je ne les aime pas.Quand je me suis assis à coté d'elle, je lui ai ultrabrité un bonjour. Petite réponse de sa part. Faut dire qu'elle était en pleine lecture d'un ouvrage probablement passionnant : "Les maitres sonneurs". En tout cas ça sonne mal. Elle n'a pas l'air souriante, elle est en jupe, elle a des jambes moches. Je fais bien d'écrire.
Le train c'est cette ambiance là qui y règne. Je pourrais sortir mon ordinateur portable et pirater le Pentagone, personne n'y verrait rien. Tout le monde est enfoui dans son bouquin, lecteur MP3, magazine ELLE et ne fait attention à rien, à personne. C'est vrai qu'il est probablement beaucoup plus intéressant de lire l'interview exclusive de Carla Bruni que de parler avec les gens. Il est clairement beaucoup plus instructif d'écouter le dernier album de Michel Sardou que d'oser entamer un soupçon de conversation sur les voyages, les rencontres, les ballades ou autres excursions. Et trés sincérement, faire le quizz "Etes-vous le meilleur coup de l'année" sera l'apothéose du plaisir quand vous verrez que vous êtes le Dieu du sexe (mais que vous êtes bien seul à vous en persuader).
J'aime bien lever la tête de temps en temps pour les regarder tous. Que pensent-ils ? Que rêvent-ils ? Que disent-ils ? Sur quoi réfléchissent-ils ? De qui se moquent-ils ?
Je suis un voyeur. Un genre de pervers de l'humain, qui ne pense qu'à lui, ne voit que lui et qu'à travers lui. L'Homme avec un grand H, sa grandeur d'âme et sa conscience, sa reflexion, sa bétise, ah oui... son abétissement, son idividualité, son égoïsme, ma quête profonde d'un monde meilleur.
Ce wee-end fait partie des séjours que j'ai fait hors de Paris cet été. C'est la troisième fois que je redescends, et encore deux fois aprés. Je me ruine en billets de train, la SNCF est contente de me voir, et moi, comme je n'ai pas "vraiment" de vacances, je profite de mon été comme je peux.
Et de cette envie de voyager, de voir des gens, vient mon épanouissement. La tête à la fenêtre, le paysage défile, un sentiment de liberté emplit mon esprit, et je vogue vers les cieux. Je suis un peu comme un auto-stoppeur qui prendrait la route et attendrait qu'on l'embarque. Le reste du temps, il marche, il regarde, il profite du soleil, seul au milieu de la nature.
Ma nature ce sont les gens, ces voyageurs tous différents. Ma nature c'est leur vie. Ils sont triste, je suis solitaire. Ils sont joyeux, je suis ouvert.
JOUR 1. J'arrive, je m'imprègne de la lumière pour mieux lui sourire. Vive les vendredi soirs des week-ends de sortie.
Quand je suis dans le train, je lis beaucoup. C'est une des rares occasions où l'on n'a rien à faire, alors il faut bien passer le temps. Je me rends compte en écrivant que je suis comme la masse. Enfoui dans mon bouquin.
Ils ont modifié la clim', je me caille un peu. J'imagine la différence de température avec dehors où il doit faire 25/30 degrés.
23.35 : La femme à coté de moi s'en va. On est à Cahors. Le train est déjà presque vide et elle me souhaite une bonne fin de soirée... Avec le sourire. Tout n'est pas perdu.
Minuit 30 : Fin du voyage sans encombre ni ménage. C'est long. C'est tout. Il faut faire avec.
Toulouse la belle, Gaillac l'inconnue.
Je rejoins mon pote qui m'attend sur la place Saint Pierre, haut lieu de la fête toulousaine et autres libertés, où le tout venant rejoint le select, la France d'en bas, celle d'en haut, les copains et moi.
Je revois Toulouse la nuit.
Fin de soirée organisée. Ce sera partie de poker victorieuse face à une Wii et de ses deux joueurs se rapprochant au coude à coude, au tête à tête... au corps à coprs. Nous assistons au show, sans mot dire mais en pensant trés fort.
Il est 4.00 du matin et quelques verres. Une longue aprés-midi de voyage se transformant en bonne fin de soirée. Merci.

JOUR 2 :

10.00 : Rien. Réveil. Mon hôte est déjà parti pour pallier à quelque affaire personnelle dont tout le monde se moque ici. Et puis aprés tout, vous ne devez pas tout savoir non plus. Cela fera partie de ses secrets biens cachés, validés par les RG, cachés sous scellés ; Juste à coté, une boite cartonnée, sur laquelle est écrit en français : Dossier Zone 51. Un gros secret vous disais-je. J'ai à peine exagéré.
La matinée passe. L'amigo revient, on déjeune tranquillement, puis aprés une sieste et un bon film respectivement pour chacun de nous, nous voilà partis pour une nouvelle aventure pour moi, une redite pour lui. Une sorte d'épisode 3 qui continuera par son 4ème l'année prochaine et bien encore s'il le faut.
Gaillac, Gaillac... 1 jour d'arrêt. Tous les voyageurs descendent de voiture.
Les retrouvailles entre amis... Avec les nouvelles technologies, on peut se parler tous les jours, tout le temps. Mais rien en vaut le contact physique, cette chaleur humaine, ces échanges de regards, de voix, qui fait que jamais un ordinateur ne pourra remplacer l'Humain.
On se raconte notre année, ses bonheurs, ses malheurs. Filons à la cave prendre du "vin de papy". Dans un bled paumé au milieu de nulle part... Une cave. Enfin nulle part... non. Au milieu des vignobles. Des vignobles, du ciel bleu, un beau soleil, un paysage de carte postale. J'ai bien fait de quitter Paris pour le week-end.  
Depuis notre arrivée, une piscine tône au milieu du jardin. Oh elle n'est pas bien grosse, une piscine pour enfant autogonflable au départ mais... cassée. S'ensuit une pataugeoire dans laquelle tout le monde est passé, habillé ou en maillot de bain, de gré ou de force. Cette situation s'est terminée avec un verre à la main pour chacun d'entre nous, et tout le monde assis dans l'eau. C'est un sentiment indescriptible par écrit. Il faut le vivre pour comprendre (ou alors je ne suis pas assez bon pour l'écrire, ce que j'admets volontiers).
Du vin et des grillades autour d'une table de 20 convives environ. Juste avant la fête du village.
La fête des vins à Gaillac le samedi soir, c'est un immense parc avec des petites maisons en bois comme on en trouve dans les bons marchés de Noel. A l'intérieur, des producteurs locaux. Notre objectif : Gouter le plus de vins différents et juste avant que les stands ne ferment, acheter THE bouteille  et la déguster goulument en compagnie de ses amis. Et puis au beau milieu de cette smala viticole, se tient une scène sur laquelle joue un groupe engagé pour l'occasion. C'est varié, on est dans l'ambiance, on danse, on saute, on rit, on se filme et se prend en photo, on se moque de lui trop moche, d'elle trop saoule, de lui faisant la cour et d'eux mimant la tektonik chère à nos ados prépubères mais qui chez une personne de trente ans, fait sourire.
Les bouteilles se succèdent, les verres aussi, mais la nuit avance sans que l'on s'en aperçoive. Nous prenons le chemin du retour, à pied dans le noir, non sans avoir traversé quelques rues peu éclairées de Gaillac la festive, qui le temps d'une soirée nous donne le gout d'y revenir.
Le retour au calme permet de discuter, de prendre l'air, purger le surplus et surtout calmer les esprits aprés cette aprés-midi et cette soirée mouvementée.
Arrivée au bercail. Certains se vautrent sur les matelas sans mot dire. D'autres, plus enclins à discuter s'assoient confortablement dans un fauteuil et parlent de futilités de fin de soirée.
Ah j'vous avais pas dit ? C'était génial... Vous auriez du venir.

JOUR 3 :

C'est le grand-père de Mélanie qui nous loge. On a planté les tentes dans son jardin et nous campons. Par contre ce Monsieur a la facheuse habitude de se lever tôt, et de se mettre en jambe de suite. Alors quand à 9.30 le matin vous vous faites réveiller par la pompe de la piscine mise en marche par notre hôte, on a connu des réveils moins douloureux.
Qu'importe. Petit déj' sous le soleil qui fait un peu penser à la célèbre pub Ricoré où tout le monde est heureux autour de la table. Le Ricoré c'est infecte. Mais notre petit déj' était fameux. Principal ingrédient : La foisse, spécialité patissière d'on ne sait où, mais particulièrement efficace quand au remplissage de nos estomacs respectifs.
On démonte, on range, ça sent la fin. Quoique...
Parmi les convives, les amis, une petite famille habite non loin de là où nous sommes : Une grande propriété, avec des chevaux, une belle maison, et... une vraie piscine. Il fait beau, il fait trés chaud, et ces gens trés sympathiques nous invitent  pour le repas du midi à le faire chez eux. Forcément, il ne faut pas nous le dire deux fois.
La maison du grand père est propre, son jardin aussi. Nous voilà partis.
Un gros repas nous attend sur place avec plus à manger qu'il n'en faut et l'eau bleue claire d'une piscine qui ne cesse de nous appeler. Le reste n'est que détails : Baignade, repas, repas, baignade. Mise à l'eau de tout le monde, match de volley, et morceaux de guitare.
De mon coté, j'apprends quelques morceaux de vie de mes ami(e)s, et je profite comme le reste du monde de cet endroit magnifique où nous acueillent des gens dont la générosité n'a d'égal que leur gentillesse.
Il est 16.00, je dois rentrer. Nous le devons tous. C'est trop court mais mon train n'attend pas. Il faut repartir à Paris et revenir à la réalité quotidienne.
Aprés de multiples remerciements, un demi-tour pour un oubli, et une heure de route environ, je monte dans mon train, et m'endors pleins de souvenirs dans la tête. Ce petit sentiment de frustration car le séjour était trop court donne envie de revenir l'année prochaine. Mais quand même : On serait bien resté un jour de plus.

Merci...

à Mel, Camélia, et Thierry pour l'organisation
à Romain pour le voyage et le logis le vendredi soir.
à Martine pour la maison le dimanche.
à Pierrick ( l'homme libre), Benjamin, Marion, Sabrina, Pierre, Severin, Chloé (et son sourire ravageur), Julien, Rémi, Chloé (l'autre), Monique et Dédé.
Enfin, un grand merci à Martin, le grand père de Mélanie, pour la maison pendant le week-end et pour avoir supporté toute cette activité un deux jours durant.

Par Mathieu - Publié dans : Les chroniques de Matt
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Commentaires

Je ne connaissais pas tes talents d'écrivain en dehors de tes interventions forumistiques, bravo, vraiment, en te lisant on a l'impression de partager ces moments avec toi...

Commentaire n°1 posté par ZeMust le 28/10/2008 à 13h01

O H   M O N   D I E U !!!!!!!!
mais que de souvenirs!!
deux jours?? non ce n'est pas possible!! Ce n'est pas possible que ça n'est duré que deux jours !!
tant de chose en deux petits ridicules jours!!
48H?
alors je n'ai qu'une chose à dire : ENCORRRRRRRRRRRRRE!!!!!!!!!!!!!
j'en veux ENCORE, bcp et tjr plus!!!!!!!!!!!!!
mathieu merci pour ce petit texte qui m'a rappelé cette magnifique parenthèse!! et merci à toi aussi!

et . . . à l'année prochaine même heure même endroit!! sans faute!!

(mais on va se voir avant oui ne t'inquiéte pas!!!)

Commentaire n°2 posté par marion le 12/11/2008 à 17h54

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